
Dans ce film rare, en partie inspiré de l’expérience personnelle du cinéaste Alain Mazars en Chine – il y a exercé la fonction de coopérant [un spécialiste, généralement un enseignant, employé comme volontaire civil dans un pays étranger, ndlr] –, le musicien devient Robert Chantegris, un instituteur français de retour dans le pays près de trente ans après son premier séjour.
Confiné entre les quatre murs d’un hôtel réservé aux étrangers, en compagnie d’une poignée d’expatriés mélancoliques, l’homme reçoit la visite de la mystérieuse « Lune d’Automne » (l’actrice chinoise Ping Ru, absolument magnétique). Ainsi débute un jeu de piste brumeux et labyrinthique, qui le conduira jusqu’à la folie.

Une histoire tragique et poétique racontée depuis le point vue de la jeune fille de Chantegris (Laure de Clermont-Tonnerre, aujourd’hui réalisatrice), comme pour mieux saisir l’instabilité d’un personnage trouble, toujours en mouvement – Alain Bashung court beaucoup, sans que l’on ne sache tout à fait vraiment ce que son personnage fuit ou poursuit –, mais qui n’en reste pas moins fascinant.

C’est aussi l’occasion de voir la Chine comme elle a été rarement filmée dans le cinéma occidental, à travers le regard d’un cinéaste profondément passionné par les mystères et la culture d’un continent – Alain Mazars ayant également posé sa caméra au Laos et en Birmanie – que son œuvre n’aura jamais cessé d’arpenter.
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: Ma sœur chinoise (1994) d’Alain Mazars, à voir gratuitement sur mk2 Curiosity, du 3 au 10 avril.