Cannes 2025 : les films que la rédac espère découvrir au festival (partie 3/3)

À l’approche de la 78e édition du Festival de Cannes (qui aura lieu du 13 au 24 mai et dont le jury sera présidé par Juliette Binoche), la rédac’ de TROISCOULEURS a pris la température, enquêté, recoupé les sources. Résultat : cette liste de pronostics, en trois parties, riche des films qui pourraient être projetés sur le Croisette, en Sélection officielle ou dans les sections parallèles. On y retrouve (entre beaucoup d’autres) Bruno Dumont, Maggy Gyllenhaal, Spike Lee, Tarik Saleh, Celine Song et Alice Douard.


marcel et monsieur pagnol
"Marcel et monsieur Pagnol" (c) What The Prod

Retrouvez les autres parties du dossier ici, , ou en fin d’article.

Marcel et Monsieur Pagnol de Sylvain Chomet

Ses inoubliables et délirantes Triplettes de Belleville ont marqué le paysage de l’animation française et internationale, de sa présentation Hors Compétition à Cannes en 2003 jusqu’à ses nominations aux Oscars. Le formidable Sylvain Chomet revient avec un film d’animation consacré au cinéaste et écrivain provençal Marcel Pagnol, alors qu’il débute la rédaction de sa suite romanesque Souvenirs d’enfance, dont La Gloire de mon père est tiré. Un projet génial qu’on imagine bien monter les marches cette année. 

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MOTHER MARY DE DAVID LOWERY

Anne Hathaway, Michaela Coel et Hunter Schafer réunies ? Cet argument suffit déjà en soi, mais si on attend Mother Mary, c’est aussi parce qu’on avait adoré A Ghost Story, le long métrage nébuleux, inquiet et mélancolique qui avait révélé le cinéaste américain David Lowery en 2017. Voici le synopsis de ce nouveau cru : « Un mélodrame pop épique qui suit une musicienne fictive (Hathaway) et sa relation avec une créatrice de mode emblématique (Coel). »

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Untitled Kathryn Bigelow White House thriller

Il n’a pas de titre mais c’est sans doute l’un des films qu’on espère le plus voir à Cannes. La première réalisatrice oscarisée pour Démineurs en 2008 pourrait entrer en Compétition avec ce drame en temps réel centré sur le personnel de la Maison Blanche, confronté à l’imminence d’un tir de missile sur l’Amérique. Au casting : Idris Elba et Rebecca Ferguson, rien que ça.

Les Roches rouges de Bruno Dumont

Une histoire d’amour impossible entre deux jeunes bandes rivales, sorte de love-story sudiste à la Roméo et Juliette aux antipodes du cinéma nordiste de Bruno Dumont. C’est le scénario du film Les Roches Rouges, nouveau long métrage du réalisateur, Caméra d’or en 1997 pour le puissant La Vie de Jésus, à qui l’on doit aussi les poilants Ma Loute (2016) et France (2021). Ce nouveau projet promet d’être un vrai tournant dans son œuvre (qu’on espère toujours aussi décalée).
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Première image de The Bride ! de Maggie Gyllenhaal (c) Warner Bros

The Bride ! de Maggie Gyllenhaal

Deuxième réalisation de l’actrice Maggie Gyllenhaal après l’intranquille The Lost Daughter, The Bride ! se penche sur l’histoire du célèbre Frankenstein et fait la part belle à sa fiancée, incarnée à l’écran par l’actrice Jessie Buckley. Une relecture moderne du mythique livre de Mary Shelley, avec aussi Christian Bale, Annette Bening et Penélope Cruz, qui soufflerait un vent noir et gothique sur les tranquilles palmiers de la Croisette.

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Highest 2 Lowest de Spike Lee

Remake du film Entre le ciel et l’enfer du grand cinéaste japonais Akira Kurosawa, le nouveau long métrage de l’américain Spike Lee (dont la dernière montée des marches remonte à 2018 pour l’explosif BlacKkKlansman : J’ai infiltré le Ku Klux Klan) a tout pour faire vibrer la Croisette : une histoire de chantage et d’enlèvement par erreur qui tourne au drame et un casting hyper alléchant composé du rappeur A$AP Rocky et de l’acteur Denzel Washington. Quoi de mieux pour attiser la curiosité des festivaliers ?

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Première image de L’inconnu de la grande arche de Stéphane Demoustier (c) Le Pacte

L’inconnu de la grande arche de Stéphane Demoustier 

Le réalisateur français, habitué à sonder l’opacité des âmes (La Fille au bracelet, Borgo) s’attaque ici à un sujet d’ampleur : un film sur Johan Otto von Spreckelsen, architecte danois qui a remporté dans les années 1980 le concours pour construire la Grande Arche de la Défense. De quoi lui permettre de rejoindre pour la première fois une sélection cannoise ? 

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Rembrandt de Pierre Schoeller

L’art peut changer des vies. La preuve avec Rembrandt, le nouveau long métrage de Pierre Schoeller (le drame politique L’Exercice de l’État et la fresque historique Un peuple et son roi) qui n’est pas un biopic sur le peintre néerlandais, mais bien une fiction centrée sur la vie d’un couple de physiciens, Yves et Claire, dont la rencontre avec l’œuvre de Rembrandt à la National Gallery de Londres va les transformer à jamais.

Un scénario plus qu’intriguant, porté par Camille Cottin, Romain Duris et Bruno Podalydès, qui se dessine en contrepoint des précédents projets du réalisateur.

 

Les Aigles de la république de Tarik Saleh

Son thriller d’espionnage, La Conspiration du Caire, avait à juste titre remporté le Prix du scénario cannois en 2022. Le réalisateur suédois d’origine égyptienne continue d’ausculter la corruption dans les sphères du pouvoir, avec ce film au pitch évocateur : “L’acteur le plus adulé d’Egypte, George Fahmy, tombe du jour au lendemain en disgrâce auprès des Autorités. Sur le point de tout perdre, George est contraint d’accepter le rôle du Président dans un biopic à sa gloire. Il se retrouve alors projeté dans le cercle le plus fermé du pouvoir et réalise vite qu’il ne risque pas seulement d’y perdre son âme, mais qu’il s’est littéralement jeté dans une dangereuse danse macabre.»

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Orphan de Laszlo Nemez 

Grand Prix à Cannes en 2015 pour Le Fils de Saul, le réalisateur hongrois a bouclé son très attendu troisième film. Il raconte la vie d’un jeune garçon à Budapest en 1957, un an après la révolution hongroise, qui a vu l’échec d’un soulèvement contre l’URSS. Connaissant le style immersif de son auteur, il faut s’attendre à une fresque impressionnante, et hautement politique. On le verrait bien en Compétition. 

Silent Friend d’Ildikó Enyedi

Grande figure du cinéma hongrois, la cinéaste Ildikó Enyedi
(déjà en compétition cannoise avec L’Histoire de ma femme en 2021) pourrait être de retour à Cannes avec son quatrième film. Le pitch ? “Une rencontre de deux rythmes de vie : celui de l’homme et celui de la nature.» La rumeur raconte qu’il serait raconté du point de vue d’un arbre centenaire. Ce qui est certain, c’est que Léa Seydoux et Tony Leung y partagent l’affiche. 

Hope de Na Hong jin

Après The Strangers, terrifiant mélange de gore et de fantastique, le réalisateur sud-coréen de The Chaser a tourné avec Alicia Vikander et Michael Fassbender ce film sur une ville portuaire, menacée par une découverte qui met en danger la vie de ses habitants. On en sait pas davantage, mais on espère que l’hybridité des genres que Na Hong jin maîtrise à merveille fera mouche.

Dao d’Alain Gomis

Après son essai documentaire Rewind and Play, le réalisateur franco-sénégalais a tourné cette fiction, sur une héroïne qui, alors qu’elle marie sa fille en région parisienne, se remémore la récente cérémonie lors de laquelle elle a dit adieu à son père, en Guinée. Un voyage entre passé et présent qui noue sûrement des trames intimes et politiques, comme souvent dans le cinéma très organique d’Alain Gomis, dont deux films ont été soutenus par l’ACID (Andalucia, L’Afrance) mais qui n’a jamais figuré en Sélection officielle.

Ma Frère de Lise Akoka et Romane Guerret 

Après le mémorable et méta Les Pires (Prix Un certain regard à Cannes 2022), sur le tournage d’un drame social à Boulogne-sur-Mer, le duo de jeunes cinéastes revient sonder l’état de la jeunesse et des classes populaires, cette fois-ci dans un quartier du 19ème arrondissement de Paris. Dans ce récit d’apprentissage, elles suivront deux jeunes copines de 19 ans (dont l’une est incarnée par la géniale Shirel Nataf, parmi nos révélations 2025) qui se lancent le temps d’un été dans l’animation d’une colonie de vacances, auprès d’enfants de 6 à 10 ans. 

Des preuves d’amour d’Alice Douard

César du Meilleur court métrage pour L’Attente, la jeune femme est l’une des réalisatrices montantes du cinéma français. Son premier film, qui réunit Monia Chokri, Ella Rumpf et Noémie Lvovsky, tire le portrait de Céline, 32 ans, qui attend l’arrivée de son premier enfant, sans le porter. C’est sa femme, Nadia, qui donnera naissance à leur fille dans trois mois… Une étude de la maternité qui a toutes ses chances de rejoindre les sélections parallèles de la Croisette. 

« Love on Trial » de Kōji Fukadasera
Première image de Love on Trial © mk2

Love on Trial de Koji Fukada 

Le maître japonais nous avait laissés en larmes avec Love Life (2023), ou l’histoire d’une famille bouleversée par les fantômes du passé. Son nouveau drame racontera l’histoire d’une idole montante de la J-Pop, tombée follement amoureuse. Cette relation sera entravée par l’industrie musicale perfide, prête à tout pour étouffer cette nouvelle idylle. Un récit inspiré de faits réels qui risque de s’attaquer aux tabous de la société japonaise.

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The Mastermind de Kelly Reichardt

Après Showing up, présenté en Compétition officielle en 2022, qui explorait les affres d’une créatrice, la réalisatrice britannique pourrait être de retour avec ce film aux contours troubles. On sait seulement qu’il raconte la vie d’un artiste préparant le vol d’œuvres d’art durant la guerre du Vietnam, et surtout qu’il réunit Josh O’Connor et la chanteuse Alana Haim, révélée au cinéma dans Licorice Pizza de Paul Thomas Anderson.

Two Prosecutors de Serguei Loznitsa  

En 2024, le réalisateur ukrainien présentait en Séances spéciales, à Cannes, son docu choc, L’Invasion, chronique sur la vie quotidienne de la population ukrainienne depuis l’invasion russe. Il pourrait faire son retour cette année avec ce film de fiction inspiré des écrits de l’auteur russe Gueorgui Demidov, qui raconte l’histoire d’un procureur rebelle en 1937, pendant les Grandes Purges staliniennes. 

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the materialists
Cannes 2025 : les films que la rédac espère découvrir au festival (partie 3/3) 6

Materialists de Celine Song

Après son premier long Past Lives (2023), qui avait créé la surprise, la réalisatrice sud-coréenne et canadienne prépare un film sur une entremetteuse professionnelle qui entame une relation avec un homme riche alors qu’elle nourrit toujours des sentiments pour son ex, un acteur fauché. Avec un tel pitch, Celine Song semble prolonger sa réflexion sur l’amour et les occasions manquées – thèmes au centre de Past Lives – tout en y ajoutant une dimension, celle de l’argent. Au casting : Dakota Johnson, Pedro Pascal et Chris Evans.

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⚫ Textes rédigés par Romain Nesme, Chloé Blanckaert et Léa André-Sarreau.

🔴 Retrouvez les parties 1 et 2 du dossier ici :