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« Robe of Gems » de Natalia Lopez Gallardo : poison lent
- Juliette Reitzer
- 2022-02-11
Plusieurs tragédies s’entremêlent sur fond de violence des cartels dans ce film étrange et nébuleux, présenté en Compétition à Berlin, qui révèle lentement son poison.
Ce film a reçu l'Ours d'argent au Festival de Berlin 2022
Une famille riche à peine arrivée dans une demeure qui tombe en ruines, donc la mère semble mystérieusement happée par la violence tandis que ses ados se défoncent aux champignons. Leur employée Maria, hantée par une sœur disparue qu’elle cherche la nuit, quand elle ne travaille pas pour un violent cartel qui la contraint à garder des otages dans des conditions sordides. Une flic à la chevelure péroxydée, qui n’arrive pas à retenir son jeune et beau garçon happé par ledit cartel, et assiste aux trafics de ses collègues corrompus…
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Lire la critiqueDans des paysages sauvages et poussiéreux écrasés par le soleil, la cinéaste mexicaine Natalia Lopez Gallardo, dont c’est le premier long métrage, retient ses cartes, distille lentement les informations (parfois jusqu’à l’épuisement) : champs sans contrechamp, dialogues interrompus ou inaudibles car saisis à travers une vitre, indistincts car filmés de trop loin ou de derrière des rideaux, éclats de violence inexpliqués, images étranges et inquiétantes car prises au ralenti, déformées, impressionnant travail sur le son… Mais peu à peu, la mécanique se met en place et broie tout, les femmes, les hommes, les bêtes et les maisons, comme si tout était contaminé par une force ancienne et monstrueuse.
Image (c) Cárcava Cine