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Die my love de Lynne Ramsay
Après A Beautiful Day, la réalisatrice britannique a réuni Jennifer Lawrence et Robert Pattinson pour adapter un thriller de la romancière argentine Ariana Harwicz. Un récit qui flirte avec l’horreur, et nous immergera dans la psyché d’une femme tourmentée, épouse et mère esseulée dans la campagne française. La réalisatrice est venue pour la dernière fois à Cannes en 2017, avec You Were Never Really Here (en Compétition).

Valeur sentimentale de Joachim Trier
Après le prenant Julie (en 12 chapitres) (2021), pour lequel Renate Reinsve avait remporté le prix d’interprétation féminine à Cannes, le cinéaste norvégien revient avec un nouveau film, qui raconte les retrouvailles entre un père, réalisateur reconnu tombé dans l’oubli, et ses filles (dont l’une sera jouée par Renate Reinsve), après la mort de leur mère. Connaissant l’aisance de Joachim Trier à filmer les milieux artistiques et intellectuels pour en révéler les névroses, Valeur sentimentale résonne comme une belle promesse, à mi chemin entre satire et drame familial.
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Enzo de Laurent Cantet, réalisé par Robin Campillo
Disparu en avril dernier, Laurent Cantet a légué avant de partir la réalisation de son film à son ami et collaborateur de longue date Robin Campillo. Toujours très sensible à la jeunesse et ses aspirations, le réalisateur de la Palme d’or 2008 Entre les murs avait imaginé l’histoire d’un jeune apprenti maçon, parti en rébellion contre sa famille bourgeoise, dans l’écrin de l’ancien chantier naval de la Ciotat, au bord de la Méditerranée.
La Petite dernière de Hafsia Herzi
Avec Tu mérites un amour et Bonne Mère (prix Un Certain Regard au Festival de Cannes en 2021), Hafsia Herzi a prouvé qu’elle était aussi bonne réalisatrice qu’actrice. Elle vient d’adapter le premier roman de Fatima Daas, La Petite Dernière (2020), autofiction dans laquelle l’auteure française d’origine algérienne ausculte son rapport à la religion musulmane, et la découverte de son homosexualité.
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L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho
Prix du jury à Cannes en 2019 pour son fantastique Bacurau, le cinéaste brésilien est très attendu pour ce thriller politique situé en 1977, et qui suivra la fuite d’un expert en technologie à Recife, venu s’y réfugier pendant la semaine du carnaval. C’est Wagner Moura, star du cinéma brésilien et visage emblématique de la série Narcos (dans lequel il incarne le baron de la drogue Pablo Escobar), qui tient le rôle-titre.

Romeria de Carla Simón
Après Nos Soleils, Ours d’or à la Berlinale 2022, la talentueuse réalisatrice catalane boucle sa trilogie familiale et autobiographique avec Romería, qui explore un moment crucial de sa propre adolescence. Le film racontera l’histoire d’une orpheline, de retour sur la terre natale de ses parents, tous les deux décédés de maladies liées au VIH-sida alors qu’elle était très jeune.
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Ressurection de Bi Gan
Après Un grand voyage vers la nuit (2018), succès surprise au box-office chinois et épopée sidérante filmée en 3D, le réalisateur chinois Bi Gan est de retour avec un projet tout aussi intriguant. L’histoire d’une femme dont l’âme se retrouve coincée dans un espace spatio-temporel hors du temps, après une opération chirurgicale. Elle fera alors la connaissance d’un robot dont elle tentera d’éveiller la conscience en lui racontant des histoires.
Ce récit qui s’annonce aussi nébuleux que poétique semble coller à la perfection au style narratif de ce cinéaste friand d’ellipses.
Calle Malaga de Maryam Touzani
La réalisatrice marocaine du Bleu du Caftan est de retour avec ce film qui raconte l’histoire d’une Espagnole âgée vivant à Tanger, qui résiste à la décision de sa fille de vendre sa maison et redécouvre les sentiments romantiques et la sensualité… Un projet assez mystérieux qui promet d’aborder des sujets de société forts au prisme de l’intime.
The Chronology Of Water de Kristen Stewart
Depuis déjà quelques années, l’actrice, qui a déjà tourné un court intitulé Come Swim en 2017, prépare méticuleusement son premier long-métrage en tant que réalisatrice. Intitulé The Chronology of Water, le film s’intéresse à la vie de la nageuse professionnelle Lidia Yukanavitch, et devrait évoquer ses traumatismes d’enfance, ainsi que la découverte de sa bisexualité. On attend évidemment avec beaucoup d’impatience de découvrir le grand saut de Stewart dans le bain du long métrage.
Father, Mother, Sister, Brother de Jim Jarmusch
Le nouvel opus du cinéaste américain (venu pour la dernière fois à Cannes en 2019 pour The Dead Don’t Die, en Compétition officielle) suivra trois histoires distinctes se déroulant dans différents pays, narrant les relations entre des parents et leurs enfants adultes. La première partie, « Father », se déroulerait sur la côte Nord-est des États-Unis ; la seconde, nommée « Mother », à Dublin ; et enfin « Sister Brother » à Paris.
Au casting : Cate Blanchett, Vicky Krieps, Adam Driver, Mayim Bialik, Tom Waits, Charlotte Rampling, Indya Moore ou encore Luka Sabbat.
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Dites-lui que je l’aime de Romane Bohringer
Libre adaptation éponyme du livre autobiographique de la députée Clémentine Autain, le film est une nouvelle interrogation sur la famille et la menace de sa perte, déjà au coeur de la comédie L’Amour flou (2018). Romane Bohringer a en effet été abandonnée par sa mère lorsqu’elle était âgée de neuf mois.
Avec ce film, l’actrice et réalisatrice expérimente en créant des liens entre son vécu et celui de l’autrice, Clémentine Autain qui, à 12 ans, perdait sa mère, la comédienne Dominique Laffin. Et qui, sur une note plus légère, avait précisément fait un caméo dans L’Amour flou.
À voix basse de Leyla Bouzid
Tenu parfaitement secret, le prochain film de la réalisatrice d’Une histoire d’amour et de désir (2021) nous fait languir avec son titre suggestif. On se raccroche à la sensualité de son deuxième long métrage cité peu avant, qui racontait une rencontre amoureuse sur fond de littérature érotique arabe, avec les sublimes Sami Outalbali et Zbeida Belhajamor.
Rosebush Pruning de Karim Aïnouz
Ce remake des Poings dans les poches de Marco Bellocchio (1965) bénéficie d’un casting de taille : Pamela Anderson, Kristen Stewart, Elle Fanning et Callum Turner. Il racontera l’histoire d’une famille en proie à des maladies génétiques, confrontée à un drame, au milieu de la campagne. Karim Aïnouz était déjà en compétition à Cannes en 2024, avec le très sensuel Motel Destino.
Oui de Nadav Lapid
Le réalisateur israélien Nadav Lapid, prix du jury au Festival de Cannes pour Le Genou D’Ahed (2021), sera de retour avec un nouveau film choc et anticonformiste, dont voici le pitch officiel : « Y. était pianiste et compositeur. Désormais, il divertit les puissants avec sa femme Jasmine. Le couple se donne corps et âme. Ils ne disent jamais non, toujours oui. Et ça marche plutôt bien pour eux. Leur vie est donc horrible. On ne peut pas que danser, chanter et se prostituer toute la journée. »
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L’Aventura de Sophie Letourneur
Après Voyage en Italie, la cinéaste française (La Vie au Ranch, Les Coquillettes) continue son exploration à la fois tendre et crue du couple, et de son inévitable érosion. L’aventura, titre on ne peut plus antonionien, racontera la suite des aventures vacancières de Sophie (jouée par la réalisatrice) et Philippe (Philippe Katerine), cette fois-ci accompagnés de leurs enfants.
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The Love that Remains de Hlynur Palmason
Après Godland (sélectionné à Un Certain Regard en 2022), sublime western nordique qui examinait les relations empreintes de violence entre premiers colons danois et autochtones, le réalisateur islandais a déjà bouclé son film suivant. Il chronique une année dans la vie d’une famille ordinaire, dont les parents se séparent. Un scénario aussi simple que beau, et un changement de registre radical pour son prometteur réalisateur.
I Want Your Sex de Gregg Araki
Le réalisateur queer indé Gregg Araki, après plus de dix ans d’absence (White Bird, 2014), déboulera à nouveau sur grand écran avec cette comédie punk centrée sur l’histoire d’Erika Tracey, une artiste provocatrice qui embauche le jeune Elliot pour devenir sa muse sexuelle (vous avez bien lu). Avec un casting alléchant, composé d’Olivia Wilde, Cooper Hoffman et de la chanteuse ultra-trendy Charlie XCX.
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The History of Sound d’Oliver Hermanus
Lauréat de la Queer Palm en 2010 pour Beauty, le réalisateur sud-africain a réuni Josh O’Connor et Paul Mescal pour ce drame qui s’annonce déchirant. On y suivra la trajectoire, pendant la Première Guerre mondiale, deux jeunes hommes ayant entrepris d’enregistrer la vie, les voix et la musique de leurs compatriotes américains. De quoi réveiller les ardeurs de la Croisette.
⚫ Textes rédigés par Romain Nesme, Chloé Blanckaert et Léa André-Sarreau.
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