
Au pays de Gex, à la frontière franco-suisse, Pierre-Antoine et ses amis se réjouissent de finir le lycée; ils préfèrent largement les répètes dans un garage, les joints et la bière aux études. Sous leurs pas, un accélérateur de particules surpuissant recrée les conditions d’énergie du Big Bang afin de découvrir de nouvelles matières… Présenté cette année à la Quinzaine des réalisateurs, ce premier long métrage du Français Blaise Harrison surprend. Entre comédie d’ados et film-essai sur le transhumanisme, il nous embarque aisément de l’un à l’autre grâce à sa bande d’ados puérile mais touchante, qui fait immédiatement penser à celle des Beaux Gosses de Riad Sattouf – Harrison croque aussi bien que Sattouf l’ado typique, avec son air un peu blasé, son intonation tombante, son goût de la vanne au ras des pâquerettes et son duvet qui esquisse une moustache. Par le truchement de Pierre-Antoine, sorte de voyant qui parvient à déceler les particules, le réalisateur-chimiste fait dévier son récit comique vers le trip cosmique. Le numérique s’incruste dans la prise de vues réelle, les particules grossissent dans une nature foisonnante et les corps s’aimantent. Expérience réussie.
Les Particules de Blaise Harrison, CGR EVENTS (1h38), sortie le 5 juin.
Copyright image: Les Films du Losange